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Strictly trip hop

Strictly trip hop

L'Âge d'or du trip hop 94/99


Tricky - Maxinquaye (1995)

Publié par Strictly-trip-hop sur 15 Juillet 2011, 17:30pm

Catégories : #Bristol Sound

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Tracklist

 1. Overcome

 2. Ponderosa

 3. Black Steel

 4. Hell Is Round The Corner

 5. Pumpkin

 6. Aftermath

 7. Abbaon Fat Tracks

 8. Brand New You're Retro

 9. Suffocated Love

 10. You Don't

 11. Strugglin'

 12. Feed Me

 

 

Maxinquaye est le premier album du rappeur, producteur Tricky, sorti le 20 février 1995. Au-delà de son expérience musicale avec Massive Attack, eux aussi de Bristol (Angleterre), et avec sa petite amie de l'époque Martina Topley-Bird à la voix, Maxinquaye est un album sombre, mystérieux, qui propose une combinaison de hip-hop, soul, dub, rock, electronica et de trip hop. L'album tire son nom de la mère de Tricky Maxine Quaye qui se suicida alors qu’il n’avait que quatre ans. En 2000, le magazine Q a placé Maxinquaye à la 36e place des 100 plus grands albums britanniques de tous les temps.

 

Révolutionnaire, la musique de Tricky est une des plus audacieuses de la fin du XXe siècle et Maxinquaye, un pavé jeté dans la mare du trip hop inventé à Bristol. Carrément. Et bien malin celui qui pourrait prétendre le contraire, échapper au pouvoir hypnotique de ce chef-d'oeuvre sombre auquel on revient sans se faire prier, sans arrêt. A l'image de son créateur, Maxinquaye est grinçant, claustrophobique, atmosphérique, sexuellement chargé, parano, insaisissable. Rebutant ? Pas du tout car authentique jusqu'au bout des ongles. Pas une seule seconde Tricky ne songe à se dérober. Il ne triche pas, préférant se mouiller là où d'autres se seraient dégonflés. Martina, sa muse, prête sa voix aux samples - "Hell Is Round The Corner" transpire la sensualité par tous les pores - et les ambiances se bousculent au portillon des influences sublimées : Portishead sur "Ponderosa", Public Enemy sur "Black Steel" et Massive Attack sur "Karmakoma". A écouter en boucle. Philippe Robert

 

Lien pour l'album : http://www.mediafire.com/?b0pcbn3m27dg6w2

 

tricky.

 

Chronique

 

Tricky n'est pas très grand. Mais, au premier coup d'oeil, il n'a pas l'air commode. Il est surtout fatigué. Il vient de passer deux jours à Paris, à enchaîner interview sur interview. Tricky n'aime pas la promotion. Il pense qu'il n'a pas à parler de son disque pour le vendre. Pour lui, l'écoute de ce premier album devrait suffire. Oui, mais... Il faut bien gommer quelques confusions, des méprises qui semblent s'être installées dans l'esprit de certaines personnes. La scène de Bristol, Portishead, le trip hop... Autant de parallèles qui énervent Tricky. Qui l'exaspèrent même. Tricky n'a pas à se justifier. Il veut juste rétablir la vérité. Tricky ne s'appelle pas vraiment Tricky. Mais ça, vous l'auriez deviné. Son vrai nom est Adrian Thaws. Il a 27 ans. Il est né à Bristol et a grandi dans une espèce de ghetto, surnommé Little Bronx. Tout un programme... Tout jeune, il a rejoint un gang et passait son temps dans la rue, entre quelques heures de cours, à faire des trucs pas très catholiques. Mais, entre les bagarres, les vols à la tire et la drague, il a découvert les Specials : "Ils étaient incroyables ! Je rêvais d'en faire partie, je voulais être Terry Hall : il ne savait vraiment pas chanter, mais sa voix dégageait une telle émotion... Ou alors, j'aurais bien accepté d'être un de leurs guitaristes. Moi, j'ai toujours rêvé de jouer de la guitare dans un groupe..." Pourtant, plutôt que d'essayer d'apprendre un instrument quelconque, Tricky Kid, comme on l'appelle alors, continue de jouer avec le feu. A 17 ans, il se fait même arrêter pour un minable vol de voiture et une louche affaire de faux billets. Les quelques jours passés en prison le font réfléchir. Le dur de Bristol se sent tout petit au milieu des cadors. Lorsqu'il en sort, il est bien décidé à changer son fusil d'épaule. La musique est sa seule passion et, plus jeune, il s'est déjà amusé à écrire quelques raps, sur des sujets sans grand intérêt. Tout va changer lorsqu'il rejoint un drôle de projet musical à géométrie variable du nom de The Wild Bunch, qui sévit sur Bristol depuis 1983. En 87, l'association se désagrège et Tricky décide de s'impliquer, en tant que rapper et compositeur, dans un nouveau projet formé par trois rescapés de la Wild Bunch, les dénommés 3D, Mushroom et Del Naja. Massive Attack commence son apprentissage. Lorsque Blue Lines, leur premier album, sort en 1991, il révolutionne la perception de la mouvance dub, house, rap par une approche plus spécialement pop. Tricky n'est pas étranger à cette réussite, loin de là. Il cosigne trois morceaux, dont celui qui donne son titre à l'album. Mais, contrairement à certains, Shara Nelson en particulier, il ne tentera pas de tirer la couverture à lui. Il ne cherchera pas à profiter du succès médiatique et de l'engouement public suscité par Blue Lines. Il serait presque d'ailleurs tombé dans l'excès inverse, ne faisant pratiquement rien pour se faire remarquer : "Je n'avais pas assez confiance en moi et personne ne m'a donné cette confiance. Personne ne l'a voulue... Parfois, tes amis ne sont pas les meilleurs conseillers. Je leur faisais écouter Aftermath et ils me disaient : 'Ça va, reste calme, tu as le temps, rien ne sert de précipiter les choses...' J'aurais dû les envoyer se faire voir. Aujourd'hui, tout le monde me demande : 'Ça te fait quoi de venir après Portishead ?' Mais, j'étais là bien avant eux ! Je fais ça depuis plus longtemps qu'eux. Ma plus grosse erreur est d'avoir écouté les gens qui m'ont dit : 'Concentres-toi sur ce que tu fais, le public aime ta voix...' En enregistrant cet album, j'ai pris la décision consciente de m'éloigner du giron Massive Attack. Si ça se passe mal, je n'aurais à m'en prendre qu'à moimême". Pourtant, Tricky n'est pas le projet du seul... Tricky, même s'il a écrit toutes les musiques et la plupart des paroles. Tricky est un groupe ou plutôt l'association de deux personnes, de deux personnalités. La réunion de deux identités. Martina est jeune. Elle a dixneuf ans. Elle et Tricky se sont rencontrés presque par hasard à Bristol. "C'est vraiment une chance incroyable, mon vieux, je n'arrive pas à le croire, encore maintenant. Trois semaines après notre rencontre, nous avons enregistré Aftermath, six mois plus tard, Ponderosa. Et c'était parfait parce que nous apprenions à nous connaître tout en travaillant ensemble. Ce qui rendait cette collaboration encore plus intéressante. Nous nous connaissions à peine et les enregistrements étaient plus relax. Quand tu connais trop bien quelqu'un, tu lui imposes toujours ton humeur, tu ne caches rien. Et lorsque tu as envie de l'envoyer se faire voir, tu n'hésites pas une seconde. Quand tu viens de rencontrer une personne que tu aimes bien, il faut que tu fasses attention à ton comportement, il faut toujours te montrer sous ton meilleur jour". Mais, un jour, les problèmes vont bien commencer... "Comment ? Non, cela ne m'inquiète pas. Je n'ai jamais été d'accord avec les gens qui pensent que tu ne peux pas faire de musique en compagnie de gens que tu hais..." Sans Martina, Maxinquaye ne serait pas vraiment Maxinquaye. Son timbre est vraiment particulier. Parfois, on serait tenté de la rapprocher de PJ Harvey, une PJ Harvey plus sensuelle, plus lascive; parfois, on pourrait la comparer à Björk, une Björk moins acidulée : "Sa voix apporte une autre dimension à la musique... Elle peut parler aux adolescents alors que la mienne s'adresse sans doute à des gens plus âgés. C'est une parfaite combinaison. De plus, elle ne va pas attirer que le public hip hop. D'ailleurs, je peux t'assurer que dans les clubs spécialisés, ils se refusent à passer mes disques. Ils sont crétins, ils ne veulent pas comprendre ! En tout cas, un public différent du milieu dont je suis issu va pouvoir comprendre Tricky. C'est exactement ce à quoi je voulais parvenir. On peut toucher n'importe qui grâce à nos deux voix". Maxinquaye est un album incroyable. Un disque d'aujourd'hui. A chaque chanson, semble débuter une nouvelle aventure, une nouvelle exploration. Tricky n'aime pas les barrières, encore moins les carcans. Déjà, en tant que DJ, il refuse de respecter les règles officielles : "Sur Radio Nova ils m'ont demandé de mixer. Mais je suis incapable de faire ce genre de trucs, moi. Je ne l'ai jamais fait. Je passe Jane's Addiction et Public Enemy. Je ne mixe pas, j'enchaîne les disques que j'aime. Les gens sont parfois surpris. Je ne vois pas le mal de jouer un disque de rock dans un club rap. Je suis égoïste, je ne joue pas pour les gens mais pour moi"... Que les choses restent claires. Tricky adore le rap et le hip hop. Mais, il aime tant d'autres choses. Si vous lui demandez ce qu'il a retenu de l'année 94, il va évoquer Blur et "leur pop intelligente", le génie de Kurt Cobain, l'album de Dinosaur Jr... Entre autres. Quoiqu'il en soit, l'album de Tricky semble loin d'être égoïste. Il ressemble surtout à un immense grenier où le propriétaire aurait jeté, sans rien trier, tout ce qui lui tient à coeur. Tricky a utilisé toutes ses connaissances, a emprunté toutes les avenues possibles pour parvenir à ce mélange de dub, de rock, de pop et de rap qui, de la fausse tranquillité de Feed Me à la reprise de Public Enemy, Black Steel, annihilent les barrières et fait disparaître les oeillères. Il faut alors éviter toute méprise. Non, son disque ne ressemble pas au Dummy de Portishead. Non, il ne ressemble pas aux oeuvres de Massive Attack. D'ailleurs, la preuve la plus éclatante pourrait bien être sa version d'un morceau, ici baptisé Overcome, présent sur le Protection de Massive Attack sous le titre de Karmacoma. "Quand je pense que certains me reprochent la reprise de cette chanson alors que c'est moi qui l'ai composée ! C'est mon morceau, j'ai quand même le droit d'en faire ce que je veux, non ? Comment peuton me reprocher de reprendre ma propre chanson. C'est à mourir de rire... Parce qu'ils m'ont payé, ils s'imaginent que ce morceau leur appartient"... Tricky est énervé. Enervé de s'être fait ainsi doublé. Enervé de voir que le label Mo'Wax ou Portishead ont développé, popularisé un style qu'il explore depuis quelque temps. Bien sûr, il ne veut surtout pas entendre le terme de trip hop. Il trouve cela ridicule. Non, il veut juste attirer tout le monde à ces concerts, du punk au fan de rap. Des concerts, il en donne déjà en Angleterre, en première partie de PJ Harvey, avec une véritable formation pour soutenir sa voix et celle de Martina : Il fallait que j'ai un groupe ! Je me serais vraiment emmerdé si j'avais dû jouer avec juste deux platines et deux micros. Je n'aurais pas supporté ça, Martina non plus. Il n'y a rien de plus ennuyeux. Le bassiste jouait dans les Boomtown Rats, le guitariste et le batteur sont deux types plutôt mûrs également, ils ont environ 45, 50 ans. Je ne voulais pas de jeunes morveux indie, je voulais des bons musiciens, capables de jouer les morceaux du disque... Je sais, l'affiche peut surprendre, mais je me suis battu pour que cette tournée puisse se faire. Ça fait plusieurs années que je rêve de travailler avec Polly. J'adore ses morceaux. Je veux profiter de cette tournée pour lui proposer une collaboration. J'ai quelques idées en tête"... Tricky veut rattraper le temps perdu. Le temps qu'il a perdu. Il a déjà enregistré des nouveaux morceaux. Tricky s'en veut. Il s'en veut de n'avoir pas réagi plus tôt, de s'être fait prendre de vitesse par ses... "amis". Il s'en veut de se retrouver coincé au sein d'une mode dont il n'a que faire : "Attends, je suis resté assis à ne rien faire comme un abruti pendant trois ou quatre ans, alors, maintenant, je veux travailler vite et bien... Aujourd'hui, c'est mon label qui ne va pas assez vite". Il a mille idées en tête, mille projets, tous plus ou moins délirants. Il rêve de collaborations, veut s'investir avec d'autres groupes, mais pas n'importe comment, pas à n'importe quel prix : "Je n'aime pas faire de remix pour les autres. C'est bien trop impersonnel et c'est surtout devenu un moyen beaucoup trop facile de gagner de l'argent... J'ai collaboré avec Laïka, mais ils sont venus à quatre, chez moi... Je ne peux pas travailler avec tant de gens à la fois en studio. Cela me rend nerveux, je perds toute concentration. Il faut que les gens se plient à mes méthodes, à ma conception, ils n'ont pas le choix. Mais je veux vraiment bosser avec eux, j'adore leur disque : ils méritent beaucoup plus de crédit qu'on ne veut bien leur en accorder. Tu vois, on en fait des tonnes sur des gens comme moi, Portishead ou Massive Attack, mais, d'une certaine manière, ce que fait Laïka est bien plus intéressant"... Comme de bien entendu, Tricky espère faire mieux. Un jour, il aimerait réaliser l'album auquel il pense depuis quelques temps, un album dont il a rêvé récemment : "Je sais que je parviendrais à enregistrer ce disque avec un interprète différent par chanson... A coup sûr, il y aurait Björk et PJ Harvey... Ben Harper et Prince, également ! Ah ouais, et puis j'aimerais bosser avec Damon de Blur et le type de UB 40, là, Ali Campbell : il a la voix d'un ange, incroyable ! Je déteste leur musique, mais sa voix... Le problème pour un tel projet, c'est que tout le monde semble trop occupé. Tu dois toujours contacter le manager du manager du manager. Moi, tout ce que je veux, c'est un numéro de téléphone, j'appelle la personne et voilà : 'Tu veux venir chanter demain, ça va prendre une heure'... Si PJ Harvey m'appelait des EtatsUnis pour bosser avec moi, je prendrais le premier avion... Tout pourrait être si simple". Pourtant, Tricky se refuse à la facilité. Surprendre pourrait être le mot clef de sa démarche. En fait, il se moque de tout objectif commercial. Il a placé la barre bien plus haute que quelques futilités mercantiles : "Si je suis là aujourd'hui, c'est pour être le meilleur... Je veux appartenir à cette caste restreinte, tu sais, celle des Prince, Miles Davies, Coltrane, Bob Marley, PJ Harvey. Ouais, je veux être comme ceuxlà. Je me fous d'avoir des millions de fans... Tu vois Blur en concert, tout leur public reprend les morceaux en choeur, ils ont été couverts de récompenses. Mais, crois moi, ils ne sont pas des princes, ils ne font pas partie du Cercle".

 les frères poussières

 

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