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Strictly trip hop

Strictly trip hop

L'Âge d'or du trip hop 94/99


Noir Désir – One Trip One Noise (1998)

Publié par Strictly-trip-hop sur 8 Octobre 2011, 13:33pm

Catégories : #French touch

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Tracklist

1. One Trip / One Noise

2. Oublié

3. Fin De Siècle [g.l.y.o.]

4. Le Fleuve [a.m.p]

5. à L'arrière Des Taxis

6. Tostaky

7. Lolita Nie En Bloc

8. à Ton étoile

9. Lazy

10. Septembre En Attendant [un Jour à Belgrade]

11. Tostaky

12. Les écorchés

13. 666.667 Club


 One Trip/One Noise est un album de remix de chansons du groupe de rock français Noir Désir sorti le 3 novembre 1998. Il a été réalisé par différents DJ et artistes ayant contacté le groupe pour adapter leur chansons avec leurs accord.


Lien pour l'album : http://www.megaupload.com/?d=J71MBFTD

 

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Chronique


S'il y a, dans la discographie de Noir Désir, une galette emblématique, c'est bien celle-ci. D'ailleurs, ce n'est pas un album de Noir Désir, et c'est bien en cela que ce disque est important.
Certains me diront que ce n'est qu'un simple tribute, irrégulier comme beaucoup, et que ce n'est pas la peine d'en excrémenter un cake. C'est ici que j'interviens, que je prends position, et que je dis non, ce n'est pas qu'un tribute, c'est le disque le plus emblématique de la disco Noir Dez.
Je tourne autour du pot ? D'accord, j'arrive.
Souvenez-vous (ou allez voir, suffit de cliquer au bon endroit là, sur la gauche de la fenêtre), je parlais dans les chroniques de Tostaky et de Dies Irae d'une musique universelle. Que la musique des quatre bordelais n'était pas seulement rock, pas seulement blanche. Universelle.
Et un beau jour, ils reçoivent une cassette. Dessus, il y a un morceau de leur dernier album : "Septembre, en attendant". Mais celui-ci est réarrangé par Andrej, un artiste yougoslave. Les membres de Noir Désir écoutent ce morceau et s'en sentent un peu dépossédés. Mais au lieu de prendre peur ou de s'offusquer qu'on puisse à ce point réorchestrer leurs morceaux, ils poussent le vice et organisent un concours de "remix" (pour faire simple) de leurs titres (mis à disposition piste par piste par leur maison de disque). Un an durant, ils écoutent les morceaux ainsi envoyés sans en connaître les auteurs (pour faire une sélection seulement auditive) et choisissent au coup de coeur les treize titres ici présents.
Il y a en gros trois manières de mixer un morceau, plusieurs techniques relevant de la réappropriation : réappropriation de l'ambiance musicale en insérant et/ou retirant des pistes et/ou en accélérant ou augmentant le rythme (c'est la méthode la plus courante, qui sera ici employée à chaque fois), réappropriation de la voix originale (ici celle de Bertrand Cantat) en mettant des effets dessus par exemple, et réappropriation des paroles en se limitant par exemple au refrain ou en mélangeant les couplets. 
Bien entendu ces trois méthodes peuvent être utilisées simultanément. 
Or, en étudiant mes écoutes, je me suis rendu compte que les morceaux que j'aimais le moins étaient ceux dont on avait touché aux paroles et/ou à la voix ("Fin de siècle", "A l'arrière des Taxis", "Tostaky" version Telepopmusik). 
Ce n'est pas un scoop, Noir Désir est avant tout une voix, désormais je découvre qu'il devient difficile de se réapproprier leurs chansons si l'on ne laisse pas au moins les cordes vocales de Bertrand. Dans le cas inverse, lorsque la musique est totalement tronquée au profit d'une création du remixeur, une nouvelle ambiance très intéressante est capable de s'installer. C'est le cas notamment de Replicant qui choisit de nous pondre une version très James Bond de "Oublié", ne gardant que la voix, il arrive à créer une sorte de bande originale de 007 fort intéressante et intrigante. Même combat pour le breton Tiersen qui se réapproprie "A ton étoile", couic les guitares de Serge Teyssot-Gay, laissons place aux violons de Yann. Le morceau est une pure merveille, il fera même plus ou moins office de single à la sortie de ce disque en passant sur quelques radios. Et que dire de la version club de jazz de "Lolita Nie en Bloc" ? Un piano et une batterie effleurée au balai pour la rythmique, quelques cuivres, une contrebasse dissimulée ici ou là, un ou deux choeurs féminins et le morceau est totalement défiguré ! On s'imagine alors aisément assis à une table ronde dans un club avec Bertrand en costume, accompagné de ses nouveaux musiciens, jouant son crooner. Le pouvoir d'évocation de ces remix est assez phénoménal.
L'émerveillant s'arrête malheureusement à ces quelques titres, auxquels on pourra à la limite rajouter les plus que corrects "One Trip / One Noise", "Tostaky" (version Gus Gus), et le très electro/dub "666.667 Club" dont le côté tribal et organique est exploité à fond, ce qui donne un morceau assez planant mais fatigant à la longue (presque 8 minutes). Le reste du disque contient donc des morceaux dont les approches ne m'ont pas touché, bien souvent fatigants à écouter, qui déstructurent intégralement le titre original pour n'en laisser que des miettes ("Fin de siècle") ou qui rentrent dans des délires difficiles d'approche pour l'auditeur. Le tout forme donc une sélection très éclectique dans laquelle plusieurs styles musicaux s’affrontent, pour le bien ou en dépit des chansons souvent géniales de Noir Désir.
L'avantage avec ce genre de disque, c'est que l'on ne s'attend à rien de particulier, on espère juste que le massacre a été évité. Et heureusement, de massacre il n'y en a pas eu (en tout cas dans les morceaux sélectionnés par le groupe pour faire ce disque), et même si certaines déceptions et maladresses furent au rendez-vous, on ne se déplait pas à réécouter les petites perles rares qui figurent ici et là. D'après le groupe, ce disque a créé un "processus d'ouverture et de digestion" qui aura forcément des conséquences sur les disques à venir. La digestion, nous la verrons donc dans leur bouleversant et incontournable "Des visages des figures". Et si tous les groupes, à un certain moment de leur carrière, passaient par ce type de méthode pour permettre l'ouverture ? C'est à la mode l'ouverture...
BARZ
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