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Strictly trip hop

Strictly trip hop

L'Âge d'or du trip hop 94/99


Mono ‎– Formica Blues (1997)

Publié par Strictly-trip-hop sur 6 Juin 2012, 14:09pm

Catégories : #UK Trip hop

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Formica Blues est un album du groupe anglais Mono sortie en 1997

 

Tracklist

1. Life In Mono

2. Silicone

3. Slimcea Girl

4. The Outsider

5. Disney Town

6. The Blind Man

7. High Life

8. Playboys

9. Penguin Freud

10. Hello Cleaveland !

 

Lien pour l'album : https://rapidshare.com/#!download|224p9|269947902|Mono_-_Formica_Blues.rar|97532|R~C2025542F476D429F75E515BCF70323E|0|0

 

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Chronique

 

Sur le chantier de l’easy-listening, Mono a brillamment volé le papier peint, les astuces design et la salle de jeux.
Ce disque a la couleur surannée des trente glorieuses, ces temps lointains où le confort moderne promis à tous donnait encore l’illusion que plus rien ne viendrait désormais entacher ce droit de l’homme à préférer le futile à l’utile. Dans ce sens, il rappelle la maison futuriste vue par Tati (Jacques) ­ dans Mon o(ncle) ­, mais plongée dans une ambiance sonore façon Tati (magasins). Elaboré par le dénommé Martin Virgo ­ déjà repéré chez Björk ­, voici donc un album qui tient plus du design d’intérieur que de la musique, où l’aménagement d’espace prend le pas sur celui des instruments, où les papiers peints dominent avantageusement ceux des partitions. Constitué essentiellement de matières recyclées ­ murs (du son) imitation Spector en aggloméré, bibelots en faux Bacharach, climatisation copyright Francis Lai ­, cet obscène pavillon Phénix était a priori, en ces colonnes, promis à la démolition. Avant toutefois d’en appeler aux bulldozers, milice sémantique de défense d’un prétendu bon goût face aux goûts de synthèse, voire d’amorcer les gestes qui sauvent (en courant), on préfère y regarder à deux fois. OK, Mono est un adepte sans scrupule du vol de chantier ­ la mélodie de Life in Mono subtilisée au standard The Shadow of your smile, celle de High life entièrement calquée sur le Downtown de Tony Hatch/Petula Clark ­, mais ses larcins ont un certain panache et portent à l’évidence la griffe de gentlemen. Arsène Lupin du sample, Martin Virgo n’omet d’ailleurs pas de citer quelques-unes de ses victimes ­ John Barry, Isaac Hayes, Gil Evans ­, précaution dont il feint d’oublier les vertus lorsqu’il s’agit de faire les poches de Lalo Schifrin, Satie ou Quincy Jones. Mais qu’importe la demi-sincérité (ou la demi-crapulerie) de cette entreprise, car le propos est sans détour affiché en façade : Formica blues. Ainsi, de longues plages lisses et synthétiques se laissent légèrement ébrécher, rayer, gondoler par la voix de Siobhan Di Mare, jolie voilette d’amertume prise dans la machine trip-hop/jungle et qui menace à chaque instant d’en rompre l’impeccable rendement. On est certes loin des violences sourdes d’une Beth Gibbons, à des kilomètres de portée de Portishead, mais suffisamment proche pour éviter à ces chansons le destin qui, autrement, aurait pu facilement devenir le leur : finir au rayon lingerie de n’importe quel Monoprix, entre Richard Clayderman et l’intégrale Herbert Léonard par le Grand Orchestre de Massimo Cunnilingo. Au lieu de ça, on préférera y entrevoir du Gainsbourg monogame, du Morricone monochrome et l’oeuvre, sans doute, de mélomanes trop monomaniaques pour être foncièrement malhonnêtes.
Christophe Conte
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