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Strictly trip hop

Strictly trip hop

L'Âge d'or du trip hop 94/99


DJ Cam - Mad Blunted Jazz (1996)

Publié par Strictly-trip-hop sur 31 Juillet 2011, 22:09pm

Catégories : #French touch

djcam

 

Tracklist

Disc 1

1. Abstract Intro

2. Gangsta Shit

3. Mad Blunted Jazz

4. Suckers Never Play That

5. Sang-Lien

6. Underground Vibes

7. Romantic Love

8. The Return Of The Jedi

9. Other Aspects

10. Dieu Reconnaitra Les Siens

11. Free Your Turntable And Your Scratch Will Follow

12. Pure Pleasure

Disc 2 (Live)

1. Experience

2. Hip Hop Opera

3. Underground Vibes

4. Meera

5. Dieu Reconnaitra Les Siens

6. Mad Blunted Jazz

7. Lost Kingdom

8. Gangsta Shit

9. London 1995

 

Mad Blunted Jazz est une Combinaison des deux premiers LPs de DJ Cam (Underground Vibes, 1995 sur Inflammable Records et le live Underground vibes act, 1996, toujours sur Inflammable Records) sortie en 1996

 

Lien pour l'album : http://www.mediafire.com/?nymnmmmznzg

 

DJ+Cam (1)

 

Chronique

 

Mad blunted jazz est un OVNI musical à part entière... dès la première écoute il est difficile de qualifier la musique qui s'offre à nos oreilles : pas vraiment hip-hop, ni trip-hop, pas réellement jazz, ni dub, le set est un patchwork d'influences, aux parties cependant liées par un sens commun : le balancement entre le calme et la tempête, la contradiction entre la douceur et la rugosité... un album qui reflète un état d'esprit plutôt qu'autre chose... Imprégné d'un (très) large sens musical (influencé aussi bien par Brian Eno et David Byrne, que par l'acid-jazz anglais de la fin des 1980s, en passant par les productions françaises, hiphopées, de Jimmy Jay), le hip-hop instrumental est né en France avec cet album, qui est en fait la superposition des deux premiers LP de Cam (Underground Vibes, 1995, sur Inflammable Records et le live Underground vibes act, 1996, toujours sur Inflammable), deux pièces maîtresses adroitement rééditées en un bloc downtempo. L'album est divisé mais l'écoute s'effectue d'une traite, passant du son cloisonné mais feutré du studio, au son d'un club tamisé et enfumé. Les beats surgissent de très loin, toujours savants mélanges de craquements de 7'' chers à l'homme, ancien bassiste et batteur, qui sait toujours se faire chaudement accompagné (La Funk Mob, Bill Laswell, les rappeurs Otis ou Channel Live) et parfaitement sélectionner ses breakbeats. Comme DJ Krush à l' époque de Strictly Turntablized, ou James Lavelle en Angleterre période U.N.K.L.E, il aura fallu attendre 1994 pour que la France s'entiche d'un trip-hop en voie de garage, ou le "trip" nous mène tout droit à New-York - uptown, virevolte avec le "hip" pour se désosser et finalement, explosion d' un nouveau genre, créer le hip-hop abstrait, instrumental, mais musical. Les sonorités sont craquelées, diffuses et se perdent en arabesques de piano acides et trompettes coolies (le cool-bop de Miles Davies, Chet Baker sur certains samples). Deux accords de basse et le diamant est ciselé (voir "Sang-Lien"). L'atmosphère est lourde, calme, entre dubplates enfumées, scratchs jamais abusifs (l'homme n'est pas là pour monter qu'il est DJ, mais bien compositeur), ou obscurs phases de tabblas, voilà un album qui a dix ans d'âge et qui ne vieillit pas, car intemporel, oserai-je ? allez, j'y vais : lunaire.

Rajoutons à cela les voix, parcimonieusement introduites, mais savamment placées : le sample de Lady Miss Kier, la prêcheuse - soulsista - du groupe Deee-Lite sur "Dieu reconnaîtra les siens", ou encore la voix messianique d'Actarus (si si, celui de Goldorak), nous expliquant qu' "ici il y a de l'herbe, des fleurs, des forêts, mais par-dessus tout, l'amour (...) de la planête bleue" samplée comme un appel à l'amour et à la douceur (rien de plus). Le tout sur fond d'un break-beat de James Brown (déjà récupéré sur le titre "Blue lines" de Massive Attack quelques temps plus tôt). Ouf ! Mille fois écouté, ce morceau reste cependant anonyme pour beaucoup. DJ Cam sous-estimé ? Assurément.

Alors, encore une fois, paradoxe. DJ Cam a toujours fait preuve, sur toutes ses productions, d'un sens aiguisé de l'amour universel, chose peu commune au sein du monde du hip-hop dans lequel a grandi l'homme (on pourra s'enticher, en ce sens, de la mélancolie générale d'un autre album du français, "Substances", rythmé par les samples d'Alice Coltrane et l'influence du soulful master Quincy Jones). Sensuelle à souhait, la musique de Mad Blunted jazz est celle d'une ballade nocturne, promenade urbaine, parfois lumineuse, parfois sombre, toujours distante.

Alors oui, malgré tout, les influences sont noires et nord-américaines, DJ Cam étant toujours là pour nous rappeler qu'il a été élevé au Erib B & Rakim, Boogie Down Production et autres récupérations jazzées du feu (et que regrétté) D&D Studio (on notera le sample destructeur de Jeru Da Damaja, extrait du LP "The sun rises at the east" sur "Free your turntables and your scratch will follow"). Mais le trublion est parisien. Même s'il aura fallu plus de cinq années pour expliquer aux médias que le DJ ne blaguait pas sur son origine hexagonale. Le jazz est une musique noire. Le hip-hop de même. Laurent Daumail (aka Cam, the Voodoo Child) est blanc. Pied de nez ? Pas du tout, juste signe du temps, lorsque la musique devient objet binaire, palette pour le peintre auquel il ne reste plus qu'à choisir ses fonds, ses coloris, le tout selon ses impressions. Ici, le ton est donné, les influences se confondent, mais le jazz est là, pour le bonheur de tous (Romantic Love). Milles et une nuits, reflet d'une vision d'un amoureux de la musique, flutes traversières et violons arabisants, sitars et raga (l'indien, pas le jamaicain) tout est réuni dans cette album pour nous faire comprendre que si le Japon a DJ Krush, la Californie DJ Shadow, la France a DJ Cam. Et l'heureuse conviction que la musique est, et restera, principe universel.

Lucas

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