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Strictly trip hop

Strictly trip hop

L'Âge d'or du trip hop 94/99


Coldcut - Let Us Play (1997)

Publié par Strictly-trip-hop sur 4 Septembre 2011, 15:20pm

Catégories : #Ninja Tune

51ZWA9BZRPL. SL500 AA300

 

Tracklist

1. Return To Margin

2. Atomic Moog 2000 (Post Nuclear After Life Lounge)

3. Noah's Toilet

4. More Beats And Pieces (Daddy Rips It Up Mix)

5. Rubaiyat

6. Pan Opticon

7. Music 4 No Musicians

8. Space Journey

9. Timber

10. Every Home A Prison

11. Cloned Again

12. I'm Wild About That Thing (The Lost Sex Tapes Position 1)

 

Let Us Play est un album de Coldcut sortie en 1997 sur le label Ninja Tune

 

Sous ce curieux patronyme se cache une paire d'as des platines, deux maîtres du sample à tout va. Soit Jonathan More et Matt Black, un professeur d'art et un programmateur informatique, deux Londoniens convertis au hip-hop mutant qui s'amusent à créer une musique déjantée depuis leur rencontre dans un magasin de disques d'occasion en 1987. A leur actif, de multiples singles dont le redoutable "Say Kids What Time Is It ?" qui mettait en jeu une soixantaine de vinyles et surtout un label de qualité, Ninja Tune, qui accueille plus d'une expérience électronique en version anglaise. A l'image de ce deuxième album, hip-hop abstrait et bric-à-brac ludique, qui invite à danser sur la tête et à penser avec les pieds entre une citation décalée de "Pierre et le Loup" et un hommage aux hymnes fondateurs du rap, farces sonores bruitistes et jazz illogique à la sauce breakbeat, en une espèce de rencontre du troisième type qui fait se percuter le meilleur du son des seventies aux sonorités du trip-hop le plus débridé. Rigolo et bricolo. Jacques Denis

 

Lien pour l'album : http://www.mediafire.com/?l4148oeokuu

 

coldcut.jpg

 

Chronique

 

Coldcut est l'entité formée par messieurs Jonathan More et Matt Black.
Le premier était professeur d'art et le second informaticien quand ils se sont rencontrés au milieu des années 80 dans leur Angleterre d'origine. Ce fut alors soirées sur soirées et émissions radio pirates à tout bout de champ qui s'enchaînèrent, jusqu'en 1990 où paraît un premier album nommé What's That Noise. Cette même année, après un show au Japon, Coldcut découvre la culture asiatique et, fasciné par l'emblème du ninja, créé son propre label embryonnaire: Ninja Tune. Douze ans après, ce label phénoménal n'en finit pas d'étonner et demeure la plus grosse structure indépendante de musique électronique avec Warp.
Let Us Play est l'album le plus remarqué de Coldcut, car ayant bénéficié d'une promotion plus soutenue que les précédents disques du duo. D'emblée l'objet est difficile à classer: on hésite entre big-beat, techno et hip-hop, mais finalement on renonce à l'étiquettage. Let Us Play est un bric-à-brac, un monceau de bruits électroniques disparates s'articulant sur un beat décalé, mixé, filtré, tordu, découpé et malaxé dans tous les sens. Coldcut n'est donc pas un groupe facile d'accès et certainement pas le compagnon idéal pour faire sa sieste du midi. Et si écouter l'œuvre des créateurs du génial label Ninja Tune s'avère être une expérience enrichissante, force est de constater que Jonathan More et Matt Black ne sont pas les plus doués de leur vaste écurie.
L'album comporte son lot de très bons moments, notamment dans le registre big-beat qui est celui où Coldcut excelle véritablement. Le cultissime More Beats And Pieces explose les limites du hip-hop brouillon, véritable usine à scratches délirants qui fait toujours son effet dans les soirées et qui reste le morceau le plus emblêmatique de Coldcut. Le rigolo Space Journey, qui porte rudement bien son nom, emmène l'auditeur dans une autre galaxie riche en couleurs et en étoiles filantes : une pure bande-son de dessin animé. Mais c'est le superbe Timber qui, croisant le fer avec l'industriel et les ambiances tribales, s'extirpe du tas en tant que grande réussite du disque. Ce morceau très populaire en Angleterre a par ailleurs illustré plusieurs campagnes écologiques, car comme chacun sait le duo Coldcut est politiquement engagé depuis de longues années, dans un créneau largement revendicatif.
Quand Coldcut s'essaie à des morceaux plus doux et subtils, comme sur Noah's Toilet, la formule ne fonctionne plus qu'à moitié: agréables, appliqués, les morceaux s'écoutent volontiers mais provoquent une certaine lassitude au fil des écoutes. Certaines pièces parmi lesquelles Every Home A Prison, trop expérimentale, suscitent même rapidement l'ennui. Let Us Play possède néanmoins un petit joker: un second disque inclus, faisant office de cd-rom et contenant plusieurs goodies intéressants. Et en bonus, un très bon remix de Atomic Moog vient faire frémir nos enceintes, armé de samples funky calibrés années 70 comme pas deux. On sort du Coldcut world sur une note positive.
Let Us Play est à ce jour l'album le plus convaincant de Coldcut, génies de l'expérimentation et dénicheurs de talents par delà les frontières. Patrons du label le plus prestigieux que compte actuellement la musique électronique, leur travail personnel s'avère un peu trop inégal et hétérogène, tout en méritant quand même une écoute attentive. En somme, un bon disque plutôt innovant et fun, mais une œuvre paradoxalement aussi importante que contournable.
Amrith
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