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Strictly trip hop

Strictly trip hop

L'Âge d'or du trip hop 94/99


Boards of Canada - Music Has the Right to Children (1998)

Publié par Strictly-trip-hop sur 10 Décembre 2011, 14:11pm

Catégories : #Warp Records

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Tracklist

1. Wildlife Analysis

2. An Eagle In Your Mind

3. The Color Of The Fire

4. Telephasic Workshop

5. Triangles And Rhombuses

6. Sixtyten

7. Turquoise Hexagon Sun

8. Kaini Industries

9. Bocuma

10. Roygbiv

11. Rue The Whirl

12. Aquarius

13. Olson

14. Pete Standing Alone

15. Smokes Quantity

16. Open The Light

17. One Very Important Thought

 

Music Has the Right to Children est le premier album largement diffusé du groupe de musique électronique écossais Boards of Canada. Il est sorti le 20 avril 1998 en Europe et le 20 août 1998 aux États-Unis. Certaines des pistes sont communes à Boc Maxima sorti en 1996.

 

Lien pour l'album : http://www.mediafire.com/?nmwiqtmfajg

 

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Chronique


Voici un album sur lequel il y a beaucoup à dire ! Parmi toutes les idées et hallus que celui-ci fait fuser, ces deux-là me semblent les plus tangibles et objectivement justifiables (et les plus "lieu communisées" par les critiques).
Après une écoute de Music Has The Right To Children, le thème que l'on peut isoler avec le plus d'évidence est l'enfance. Curieusement, il s'ensuit un certain malaise. Les nombreux samples de voix enfantines contribuent, il est vrai, à répandre une chaleur vivante sur l'ensemble du disque; on imagine, sourire en coin, une bande de gosses s'étant emparés du barda électronique des Boards Of Canada et insufflant par touches, au gré de leurs facéties, des mélodies faites de candeur et de spontanéité (comme dans la jolie "Roygbiv") dans des ordinateurs stupéfaits, outrés puis finalement charmés. Mais réciproquement, c'est un peu de l'humanité de ces rires et autres "I love you" (sur "The Color Of The Fire") qui s'évapore, au contact d'une electronica tout de même précise et exigeante. Regard angoissé de l'adulte sur l'enfance, dont il enregistre les gestes, les manifestations, mais de laquelle il échoue à ressentir les principes, la substance ? La peur d'un inconnu familier en somme ?...
Si peur il y a, elle se trouve également dans une autre vision provoquée par Music Has The Right To Children: celle de la nature. Ici, pas question de paradis insulaire ni de terre bienveillante et nourricière. L'ivresse est dans notre néant. "An Eagle In Your Mind", par exemple, pose l'auditeur en témoin esseulé d'une nature aride, hostile et paralysante d'immensité. L'aigle est beau et majestueux, mais son souci premier est de goûter les entrailles du petit homme sans visage qui, sous lui, tout au fond du défilé rocailleux, cherche à fuir la noire montagne et sa propre terreur (pas de bol le portable est naze). Gare aussi aux mouettes psychédéliques aux yeux rouges du merveilleux "Happy Cycling". Souvent, ce sentiment diffus d'oppression se trouve renforcé par l'utilisation plus ou moins marquée de beats renvoyant directement au hiphop ("Sixtyten", "Aquarius"...). A défaut de faille, voila peut-être l'une des fêlures de cet album, ces beats ayant tendance à alourdir inutilement, à "hermétiser" certains titres qui de ce fait se dérobent à notre contemplation.
Je pourrais gloser encore longtemps... En fait, Music Has The Right To Children est un énorme gisement de sensations, de loin la galette la plus évocatrice que je connaisse. Alors à vot' bon cœur m'sieurs dames, ce disque ne sera jamais assez chroniqué !
Bézu
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maquette 04/04/2012 14:44


Très dur de chroniquer un album comme celui-là. 


LE gros défault à mes yeux de cet album, est que par moment il est froid au point de manquer d'âme. Faire un album glacial est un talentn le rendre glacial tout en ayant une âme est très très dur
(rares sont ceux qui ont réussi, on pourra nommer Mezzanine en tête de liste). 


En dehors de cette remarque, cet album est absolument génial, original, profond (bien que cela puisse paraître contradictoire avec ce que j'ai dis plus haut) ... 


Cet album est un peu comme une ampoule psychée:  sa lumière est surprenante et enveloppante, quand elle s'éteint on apprécie le noir, puis elle se rallume, et nos yeux ont parfois du mal à
se réhabituer à la lumière..

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