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Strictly trip hop

Strictly trip hop

L'Âge d'or du trip hop 94/99


Björk - Homogenic (1997)

Publié par Strictly-trip-hop sur 24 Juillet 2011, 15:28pm

Catégories : #Electro Islandaise

Music Björk Homogenic

 

Tracklist

1. Hunter

2. Joga

3. Unravel

4. Bachelorette

5. All Neon Like

6. 5 Years

7. Immature

8. Alarm Call

9. Pluto

10. All Is Full Of Love

 

Homogenic est le troisième album solo de la chanteuse islandaise Björk, sorti en 1997. Homogenic se présente comme un album extraverti, à la différence de Vespertine, qui est plutôt renfermé. Comme son nom l'indique, Homogenic se veut en partie neutre. Il a été produit par Mark Bell, fondateur du groupe de musique électronique LFO.

 

Sur  Homogenic, troisième album de la chanteuse islandaise Björk, des événements personnels qui lui valurent les gros titres se transforment en poussées d'introspection. Après une année mouvementée, marquée par la réception d'un colis piégé, une altercation dans un aéroport et une bagarre entre ses ex-amants Tricky et Goldie, Björk ressent le besoin de se ressourcer. Sur cet album, elle se perd dans un océan d'instruments à cordes accompagné de techno minimaliste. L'excentricité et la schizophrénie stylistique de Debut et de Post cèdent ici le pas à une face plus sombre, plus sublimée. Dans Homogenic, non seulement ses chansons évoquent des thèmes plus adultes, comme la paranoïa, les ruptures et la désillusion, mais ils sont traités dans un registre plus homogène. Rien d'étonnant à cela, puisque Björk a assuré elle-même la production de l'album. Mis à part une collaboration ponctuelle avec Mark Bell, de l'obscure formation techno LFO, et avec l'Octet à cordes islandais, cet album est le reflet le plus pur de sa vision personnelle. Qui pouvait penser qu'un personnage aussi déroutant pouvait avoir une représentation du monde aussi noire  ?Homogenic est difficile à avaler d'une traite, et certaines chansons, comme l'ardu "Pluto", sont franchement inécoutables. Mais il y a des moments d'inspiration qui en transcendent la noirceur, notamment le méditatif "Joga" et l'inspiré "Bachelorette". Aidin Vaziri

 

Lien pour l'album : http://www.mediafire.com/?0cdjjem3cn3

 

bjork0304

       

Chronique


Dix ans déjà, et toujours la même magie, la même fraîcheur. L’itinéraire musical de Björk est indissociable de son parcours personnel. Chaque étape marque son travail comme autant de mues, et chaque disque porte en lui un fragment d’histoire. Après deux albums londoniens, cosmopolites et extravertis, Björk quitte la capitale en 1996 pour s’installer en Espagne. « Homogenic » rendra compte de cette rupture, mais loin d’arborer des couleurs hispaniques, il sonnera comme un retour aux sources : l’Islande. 
La pochette d’abord, qui détonne d’avec le nature « début » et le flashant « post » nous renvoie à des tons polaires et glacés. Pour la première fois Björk est remplacée par un clone un peu déshumanisé. Ses graphismes participent d’une continuité soigneusement pensée : différents archétypes féminins se succèdent au gré des productions : après la femme enfant et l’adolescente échevelée, la troisième Björk évoque une jeune mère un peu austère mais infiniment sereine. Les couleurs, les poses, l’absence de titre et une discographie qui évolue par deux. Les clips de la miss enfin, à la pointe des technologies de l’image et d’un niveau esthétique rare (« Hunter », « Army of me ») confirment cette imagerie savamment travaillée ; autant d’éléments qui achèvent d’en faire une artiste à part entière…et à part.
« Homogenic » dévoile une musique beaucoup plus écrite qu’auparavant, façonnée à partir des mélodies et non plus à partir des rythmes comme ce fut le cas des deux précédents opus. Chaque titre est alors un petit joyau ciselé, aux structures mélodiques ou harmoniques simples mais parfaites. Ils s’immiscent sans peine dans la mémoire sans subir l’usure du temps, et évoquent ce fameux sentiment de déjà entendu propre aux grands disques pop, ce qu’il est en vérité. La deuxième ligne de force de l’album se trouve dans ses recherches sonores. La musique radicalise l’orientation électro mais devient plus introvertie, rompant d’avec les aspects dansants pour devenir rêveuse, éthérée, glacée et plus que jamais sensible ; une sensualité dont seul « Pluto » semble se détacher nettement et évoquer encore les côtés les plus durs d’un « Enjoy » ou d’un « Army of me ». Un travail approfondi sur les percussions électroniques, la glaciation du son et le soucis du climat. On y percevra un arrière plan obstiné, un voile floconneux et lointain, comme un fin duvet qui amortirait tout heurt, et qui aboutit souvent à des climats étouffés et léthargiques ; « Unravel », « All neon like » et « All is full of love » sont les meilleurs exemples de cette pop-électro-ambient devenue aussi inclassable que cohérente. Les quelques instruments qui pouvaient encore la rattacher au monde du rock on disparu, et probablement pour toujours. De même, l’univers urbain et les liesses nocturnes sont à présent bien loin, et c’est au cœur de contrées solitaires que s’opèrent recueillements, confidences ou bouffées d’euphorie.
La troisième ligne de force est, pour la première fois, l’intégration d’un background propre à l’univers nordique, qui passe par les instruments acoustiques ; l’accordéon plutôt discret sur « Hunter » et « Bachelorette », et une section de cordes, omniprésente, qui donne une âme à ces paysages synthétiques. « Homogenic » recherche une atmosphère plutôt qu’une diversité, et de ce point de vue, ce disque s’avère une pièce maîtresse sans faille. Ajoutez à cela un bijou d’images de synthèse (« Hunter ») et un carton radiophonique qui ne tombe pas une seconde dans la facilité (« Bachelorette »), et vous obtenez un disque d’excellence, mieux, un classique ; celui auquel la petite histoire de la pop music identifie désormais l'artiste.
« Homogenic » est un disque adulte, « l’album de la maturité » comme le veut l’expression consacrée, qui démontre une maîtrise étendue à tous les registres : écriture, arrangements, sons, chant, production. Il confirme surtout une artiste à l’éventail large, au parcours parallèle, rigoureux, et chose rare, en constante progression depuis ses débuts. Enfin, il lance la deuxième phase björkienne (j’adore placer mes petits néologismes), probablement la meilleure à ce jour, laquelle s’achèvera par le sublime « Vespertine ».
Hiérarchiser les disques de Björk me semble dénué d’intérêt, tant l’Islandaise nous offre beaucoup plus ; une œuvre passionnante, méticuleusement construite, brique par brique, intransigeante et imprévisible ; tout ce que nous confirmera, je n’en doute pas, le sixième album « Völta », prévu pour le mois de mai.
ONCLE VIANDE
bjork-knots2

Music Video

 

 

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